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Des collections restaurées

Découvrez le programme de restauration des collection de la maison de Clemenceau !

Dans le cadre du centenaire de la prise de pouvoir par Georges Clemenceau en 2017, le Centre des monuments nationaux a souhaité revenir au plus près des dispositions voulues par « le Tigre » afin que la maison retrouve plus d’authenticité et de clarté dans la compréhension des pièces et l’usage des meubles, tout en adaptant cette présentation aux impératifs de sécurité et de conservation des œuvres

En croisant les informations données par l’inventaire de la maison en 1936 et les photos réalisées avant sa mort, près de 140 objets ont été restaurés et redéployés dans la maison, dont une trentaine jusqu’à présent conservés dans les réserves et ainsi à nouveau présentés au public. Près de 340 objets retrouvent leur emplacement d’origine, reflets fidèles du cadre quotidien de Clemenceau dans ses dernières années.

La maison

   

   

La cuisine – salle à manger

Cette pièce constitue l’entrée secondaire de la maison. C’est ici que Clemenceau reçoit ses proches dans une atmosphère plus rustique. Beaucoup d’éléments font référence au monde culturel du Tigre, comme le broc de céramique verte représentant la chouette de Minerve dans laquelle on sert l’eau. L’enfilade est réalisée à la demande de Clemenceau : elle supporte un des marbres d’autel de l’abbaye Royale de Saint-Michel-en-l’Herm.

A table, aucun invité et encore moins Clemenceau ne fait dos à la mer : il ne faut pas troubler le spectacle du paysage. Clotilde Bénoué, la cuisinière, sert très souvent aux hôtes les gibiers rapportés par Albert Boulin, le valet de chambre : la chasse sur la forêt domaniale de Longeville-sur-Mer ne lui revient pas mais Clemenceau s’en est octroyé le droit. 

   

   

Le logement des domestiques et le garage sont accolés à la cuisine. Dans ce garage, Clemenceau fait entrer la Rolls-Royce, cadeau qu’il a reçu d’un de ses admirateurs en 1920. Mais dans les premiers temps de son arrivée à Bélesbat, une ânesse permet de remonter la dune jusqu’à la maison. Les domestiques partagent le quotidien du vieil homme. Ce dernier aime les accompagner sur le marché à la rencontre de la population locale. 

Enfin, l’horloge à gaine, en bois de cerisier, est arrêtée à l’heure de la mort de Clemenceau dans son appartement parisien rue Franklin, le 24 novembre 1929.

Le couloir-bibliothèque et les chambres d’amis

Le couloir mène de la chambre à la cuisine et dessert les chambres d’amis. Dans la bibliothèque, Clemenceau range les ouvrages qui lui sont nécessaires à ses travaux d’écriture ou de réflexion. Cette bibliothèque contient environ 1500 livres

Plusieurs thèmes importants aux yeux du Tigre sont représentés : des ouvrages sur les civilisations orientales, des ouvrages philosophiques, historiques. Selon ses besoins, les livres voyagent de la bibliothèque du couloir à celle de sa chambre. Certains sont dédicacés par les personnes les lui ayant offerts, ou annotés par Clemenceau lui-même.

Les chambres d’amis sont strictement réservées aux proches, aux amis et aux plus chers visiteurs. Faisant face à la mer, elles sont ouvertes au sud sur le jardin. Comme dans le reste de la maison, rien n’obstrue la vision du jardin et de la mer depuis la maison. 

Le mobilier en pitchpin modeste est composé de commodes, de toilettes de cabine et de miroirs. Des toilettes sont à disposition des invités. Les porte-bouquets et les vases sont toujours garnis de fleurs du jardin. Une seule différence existe entre ces deux pièces : la présence d’une cheminée dans l’une d’elle. Cette présence s’explique par le fait qu’il y a eu division d’une seule grande pièce. 

Parmi les visiteurs venant se reposer dans ces pièces, Claude Monet et Blanche Hoschedé (belle-fille de Claude Monet). Marguerite Baldensperger est l’amie et confidente qui y réside le plus souvent. 

L’amitié avec Monet

« Le vieux Tigre » et « le vénérable Débris », tels sont les surnoms que Clemenceau et Monet se donnent. Un lien très fort unit ces deux hommes : ils s’épaulent, se soutiennent, se réconfortent. À travers leurs correspondances, ils échangent sur le jardin impressionniste du Tigre. Clemenceau, l’homme d’action, essaie sans cesse de motiver son ami peintre souvent en proie au découragement. Ils voyagent ensemble. Une des dernières réussites du Tigre est d’avoir fait entrer les Nymphéas à l’Orangerie en mai 1927, après la mort de Monet.

La chambre-bureau

La chambre de Clemenceau est à la fois un lieu de méditation et un lieu de travail. Le crâne de tigre au mur et la peau de tigre posée sur le lit (provenant d’un animal abattu lors de son voyage en Asie du Sud-Est) font écho à sa carrière politique en tant que chef de l’opposition et Tombeur des Ministères. D’autres éléments rappellent son voyage en Égypte et au Soudan : les têtes d’antilopes, celle de crocodile, le bouclier et les sagaies.

    

   

La chambre possède un mobilier en pitchpin très sobre en contraste avec celui du salon d’été. Il dispose également des toilettes privées jouxtant sa chambre. Sa table de travail est l’élément principal de la pièce : c’est là qu’il passe des heures à écrire dans son fauteuil d’osier, face au jardin et à la mer. 

En effet, féru de littérature, il s’adonne ici à différents genres : deux essais philosophiques (Au soir de la pensée et Démosthène), un ouvrage historique (Grandeur et misère d’une victoire) et une biographie, celle de son ami Claude Monet (Claude Monet - Les Nymphéas). Il entretient une correspondance importante, notamment avec Claude Monet et Marguerite Baldensperger.

C’est aussi de cette pièce que Clemenceau aime regarder la mer et son jardin : il fait surélever son lit afin d’y contempler la vue extérieure

    

   

Le kiosque et le salon d’été

L’extrémité nord-ouest de la maison est une création voulue par Georges Clemenceau. Réalisée en 1921, cette partie se démarque de l’architecture d’origine. Unique pièce de réception, cet espace est indépendant du reste de l‘habitation : les invités, dont des personnalités politiques et des journalistes, ne sont pas conviés à pénétrer dans les autres pièces de « la Bicoque ». 

   

   

Le salon d’été et le kiosque font face au chemin d’accès d’origine traversant le bois. Le kiosque, que Clemenceau surnomme « Trianon », est un abri fait de fagots de bruyère. Il prolonge le salon et offre une vue sur le jardin et la mer. Les invités y sont conviés à prendre le thé à la manière des rituels japonais

Le salon d’été concentre une grande part du mobilier cossu que le Tigre avait rapporté de sa maison de Bernouville dans l’Eure, de son appartement parisien, ou bien de ses nombreux voyages. Ainsi, des fauteuils aux styles variés, quelques tables et des secrétaires côtoient des vases et estampes japonais

Parmi les objets qui ornent cet espace, on y distingue deux reproductions en bronze d’Hercule, des gravures de célèbres vues de Venise inspirées de dessins de Canaletto, ou encore des reproductions photographiques de paysages de Jean-Honoré Fragonard. La petite maison de pêcheur devient le « château horizontal » de Georges Clemenceau.

   

   

Les collections 

Préambule 

Georges Clemenceau loua la « bicoque » de Saint-Vincent-sur-Jard le 5 décembre 1919, et s’y installa le 7 août 1920. Le déménagement de ses meubles et affaires personnelles, certains provenant du château de Bernouville qu’il avait vendu, se fit au cours des étés 1920, 1921 et 1922. 

Les aménagements du Tigre se devinent sur des photographies prises de son vivant et principalement conservées aujourd’hui au Musée Clemenceau, à Paris. Comme toute maison habitée, la disposition des meubles était fluctuante selon les besoins et les occupations. 

A son décès en 1929, l’ameublement de la maison fut légèrement modifié par ses héritiers, et adapté pour en faire un lieu de mémoire par l’ajout dans les pièces de souvenirs, d’objets mémoriels (masque mortuaire, emblème du contre-torpilleur Clemenceau, …) et de photographies. 

Cet état est assez bien connu grâce aux photographies prises à cette époque et grâce à l’inventaire réalisé en 1936 au moment de l’achat de la maison par l’Etat. 

Depuis, de nombreux meubles ont encore été déplacés au fil des années, que ce soit pour permettre l’accueil du public, ou encore en raison de leur état de conservation. 

Dans le cadre du centenaire de la prise de pouvoir par Clemenceau en 1917, le CMN a souhaité revenir au plus près possible des dispositions voulues par le Tigre, afin de conforter la maison dans son authenticité première. 

Pour cela, les meubles sont disposés selon les photographies prises du vivant de Clemenceau. Les souvenirs mémoriels ajoutés a posteriori (principalement les photographies de Clemenceau) sont retirés à la fois pour des raisons de conservation, mais aussi pour rendre les lieux plus conformes au cadre que connut le Tigre. Enfin, la maison étant en visite libre et non plus guidée, cette présentation est adaptée aux impératifs de sécurité et de conservation des œuvres.

   

   

Cuisine 

La cuisine n’a guère changé depuis Clemenceau. Seules quelques chaises actuellement situées dans la chambre de Clemenceau et dans le salon d’été, viennent s’ajouter aux chaises identiques présentées ici. De même, le soufflet actuellement présenté dans la chambre d’amis reprend sa place près de la cheminée, comme le montre une photographie représentant Odile cuisinant dans l’âtre. 

Enfin, le musée de la Chasse et de la Nature a bien voulu accepter le dépôt de trois fusils de chasse. Ils évoqueront la chasse que pratiquait assidûment Clemenceau.  

Couloir 

Les deux photographies et l’emblème (probablement une tape de bouche) du contre-torpilleur Le Tigre, vraisemblablement ajoutés après la mort de Clemenceau et décrits ici en 1936, ne sont pas raccrochés dans le cadre de cette nouvelle présentation.  

   

   

Chambre d’amis n° 1 

La chambre d’amis n° 1 est la seule équipée d’une cheminée, confort qui la destine vraisemblablement aux invitées féminines ou de marque de Clemenceau. 

Aucune photographie ancienne ne nous révèle l’aspect des deux chambres d’amis du vivant de Clemenceau. On présuppose donc que l’inventaire de 1936 reflète les aménagements voulus par le Tigre. 

La principale modification porte donc sur la présentation des miroirs et de certaines estampes, qui ont été intervertis avec d’autres exemplaires de la maison.

Chambre d’amis n° 2 

Comme dans la chambre d’amis n° 1, seul l’accrochage des miroirs est revu pour s’accorder à la disposition décrite en 1936. 

    

   

Chambre de Georges Clemenceau

Les photographies anciennes montrent que l’ameublement de cette chambre du vivant de Clemenceau était évolutif. Deux modifications importantes sont cependant introduites après sa mort :  

- le bureau à dos d’âne, présenté à côté de la cheminée, est donné par Clemenceau selon les termes de son testament à Marguerite Baldensperger. Il est remplacé par ses héritiers par une bibliothèque basse provenant du salon d’été ;

- la peau de tigre, visible sur des photographies dans le salon d’été, est placée sur le lit de Clemenceau.

Afin de se rapprocher au plus près de l’état d’origine, la bibliothèque basse reprend sa place dans le salon d’été, et est remplacée par les 4 tables gigognes mentionnées dans cette chambre dans l’inventaire de 1936. De même, la remise en place de la peau de tigre sur le sol du salon d’été est testée, afin de redonner au visiteur l’impression que la chambre et son lit sont quotidiennement utilisés. 

De plus, les céramiques présentées par Clemenceau dans son vaisselier retrouvent leur place et sont sécurisées par collage sur des plaques de verre disposées sur chaque rayonnage. 

De même, la cloche de la déesse Quan-nin, cassée, est remplacée par la cloche d’origine en bon état conservée en réserve. 

Comme l’assiette chinoise placée au-dessus du meuble de toilette a disparu, le CMN présente à sa place une des statuettes qui l’accompagnaient, et de l’encadrer par deux porte-bouquets. Enfin, le lit et la banquette sont regarnis d’un nouveau tissu, le plus proche possible de l’original. Les coussins qui étaient disposés sur la banquette, actuellement en réserve, sont restaurés pour y être présentés en alternance pour des raisons de conservation.

En revanche, les ustensiles de bureau (coupe-papier, ciseaux, lunettes…) ne peuvent être sécurisés sur le bureau de Clemenceau et resteront en réserve. Les livres et couvertures usés qui s’y trouvent aujourd’hui peuvent en revanche être remplacés par des éditions anciennes en meilleur état acquises auprès de libraires. 

Enfin, l’écran de cheminée décrit en 1936 dans le salon d’été est placé dans cette chambre, près de la cheminée, comme le montre une photographie prise dans cette pièce du vivant du Clemenceau.  

   

   

Salon d’été

La disposition des meubles du salon d’été est celle qui a le plus changé entre la mort de Clemenceau et l’achat par l’Etat, sans doute à l’initiative des héritiers. Cette disposition a encore beaucoup évolué jusqu’à aujourd’hui, au point de rendre incompréhensible la logique primitive et les jeux de symétrie d’accrochage que Clemenceau avait voulu. 

Quelques photographies conservées au Musée Clemenceau de Paris montrent que les sièges se répartissaient en plusieurs groupes autour de tables destinées à la conversation, l’étude et le jeu, avec une forte impression d’encombrement. Les estampes se répartissaient avec symétrie sur les murs, encadrées par les céramiques asiatiques

Aujourd’hui, le salon n’est accessible qu’en visite guidée. Les visiteurs individuels ne le voient habituellement qu’au travers des fenêtres. 

Le CMN a proposé ainsi de retourner le tapis entre le tapis et le bonheur du jour afin de ménager à l’entrée de la pièce un espace suffisant pour les groupes. Le mobilier est remis en place dans la partie ainsi protégée. La peau de tigre est de même replacée au sol.

Seuls exceptions, une chaise longue en rotin et une table de fumeur, acquises par l’Etat dans les années 2000 comme provenant de Clemenceau, sont isolées de cette restitution en étant présentées sous la fenêtre de gauche, tandis qu’un petit portrait de Clemenceau, par Biessy, est posé sur le secrétaire à abattant, à droite. 

Notons encore qu’un fauteuil en osier, en trop mauvais état, ne sera pas restauré et restera en réserve. De même, l’écran de cheminée, décrit dans cette pièce en 1936, retrouvera une place plus logique près de la cheminée de la chambre de Clemenceau où le montre une photographie ancienne. Enfin, comme indiqué précédemment, la bibliothèque basse, actuellement dans la chambre, reprend sa place dans le salon et sert à présenter les trois bronzes actuellement dispersés, côte à côte.

Conclusion 

Suite à cette remise en place des meubles, la présentation se trouve sensiblement modifiée. Elle permet au monument de retrouver plus d’authenticité et de clarté dans la compréhension des pièces et l’usage des meubles. Suite à ces restaurations, une trentaine d’objets sont sortis des réserves pour réintégrer le parcours et leurs emplacements d’origine. Près de 340 objets sont ainsi présentés au public, reflets fidèles du cadre quotidien de Clemenceau dans ses dernières années.