Georges Clemenceau

Familiarisez-vous avec le propriétaire de la Maison de Clemenceau en découvrant sa biographie.

Georges Clemenceau a occupé cette maison d’été à Saint-Vincent-sur-Jard les dix dernières années de sa vie. Elle est dans les mêmes dispositions qu’à l’origine, Georges Clemenceau ayant fait ajouter le salon d’été où il recevait ses nombreux amis et proches. 

Cette maison d’apparence modeste et chargée de souvenirs du Tigre, aujourd’hui « Maison des illustres », est richement meublée et décorée, notamment d’une collection d’arts asiatiques. Avec son ami Claude Monet, Clemenceau a conçu ensemble le jardin sur dune composé d’une terrasse fleurie devant la maison avec vue sur l’Océan, d’un parterre de fusains et d’un autre de roses à l’arrière de la maison. 

   

   

Georges Clemenceau (1841 – 1929)

Une jeunesse formatrice

Né en 1841 en Vendée à Mouilleron-en-Pareds, Georges Clemenceau hérite de son père son goût pour la politique et son orientation dans les études de médecine, dont il obtient la thèse en mai 1865

Ses études à Paris lui permettent de rencontrer Claude Monet et de fréquenter les sphères politiques de la Gauche. Il écrit de nombreux articles qui lui valent parfois des séjours en prison. Menacé par son hostilité à l’encontre de Napoléon III, il quitte la France pour l’Angleterre puis les Etats-Unis

   

Vie privée et retour en France

Sportif, il gagne sa vie en tant que professeur d’équitation et de français dans un collège pour jeunes filles : il épouse Mary Plummer, une de ses élèves, avec qui il rentre en France en 1869. De cet épisode de sa vie, il tire deux atouts : la parfaite maîtrise de l’anglais et la conscience de la puissance montante que représente l’Amérique du Nord. 

La médecine lui permet de subvenir aux besoins de sa famille mais la politique occupe désormais la majeure partie de son temps. Il divorce en 1892 et obtient la garde de ses trois enfants, Madeleine, Thérèse et Michel.

   

Un homme engagé

Tout d’abord maire de Montmartre en 1870, puis député, il se place rapidement en tant que républicain radical. Polémiste engagé sachant manier la plume et maîtrisant le discours, il est un fervent défenseur de la justice et de la liberté autant qu’il est l’ennemi du désordre et de la violence. 

Anti-clérical et contre la politique de colonisation, il fait tomber les ministères de Jules Ferry puis de Léon Gambetta, et prend part à des affaires politiques, comme l’affaire Dreyfus. Il trouve le titre du célèbre « J’accuse » d’Émile Zola et le fait publier dans l’Aurore, journal dont il est chroniqueur.

   

      

Le Président du Conseil

En 1906, il est nommé ministre de l’Intérieur et Président du conseil. S’entourant de collaborateurs qu’il connait parfaitement, il lance de nombreuses réformes jusqu’en 1909, qui suscitent des révoltes et des controverses. Ses actions politiques lui valent des surnoms comme « le Tigre » ou encore « le premier flic de France »

Dès 1910, il prévoit le risque de guerre avec l’Empire Allemand. En 1915, il devient président de la commission des Armées et président de la commission des Affaires étrangères. Durant la première Guerre Mondiale, il n’hésite pas à parcourir les tranchées afin de remonter le moral des troupes, tout comme il se montre inflexible vis-à-vis des déserteurs. 

De nouveau Président du Conseil de 1917 à 1919, il devient « le Père La Victoire » : il signe  le traité de paix à Versailles en juin 1919. Critiqué de toutes parts, il essuie un échec lors de la présidence de la République en 1920, mettant ainsi un terme à sa carrière politique. 

   

Le repos à Bélesbat

Après cette vie professionnelle en tant que médecin, professeur, journaliste et homme politique, Clemenceau décide donc de se retirer et de retrouver sa Vendée natale durant la belle saison. 

Il a un véritable coup de cœur pour cette maison de pêcheur, située au lieu-dit de Bélesbat, dominant la mer depuis le sommet d’une dune. Le commandant Amédée Luce de Trémont, le propriétaire de la maison, propose à Georges Clemenceau de la lui céder gracieusement. Refusant cette offre, l’ancien Président du Conseil signe un bail à vie le 15 décembre 1919 consenti pour 150 francs par an, somme qui est redistribuée aux plus nécessiteux de Saint-Vincent-sur-Jard. 

Jusqu’à sa mort en 1929, c’est là qu’il laisse libre cours à sa passion pour les arts extrême-orientaux, la littérature et son jardin.

   

   

Maison et jardins de Georges Clemenceau

La dernière résidence de villégiature estivale de Georges Clemenceau « La Bicoque » au lieu- dit « Bélesbat », est une longère posée sur la dune, face à l'océan, avec un jardin de fleurs, sauvage. « Je vis parmi les fleurs, mais avec la mer comme fond de tableau ». 

En pleine gloire, le « Père de la victoire » se retire en 1920 de la vie politique. Entre l’océan et la maison qu’il loue, Georges Clemenceau, grand ami de Claude Monet, réalise le pari de créer un jardin sur la dune

En attendant quelques aménagements de la bicoque, cet homme infatigable, alors âgé de 80 ans, voyage : l'Egypte, l'Asie, les Indes... De retour, il s'installe dans son « château horizontal », où il s'occupe à cultiver son jardin aux innombrables fleurs. Dans cette féerie de verts et de couleurs, il reprend la plume pour écrire ses dernières œuvres, en admirant la mer. « Elle est blanche, elle est verte, quel beau temps ! Elle roule, elle écume, elle colère ! »

L’Etat se porte acquéreur de la maison et des terrains environnants en 1932 et en 1935, les trois enfants de Georges Clemenceau font don à l’Etat des objets et mobiliers présents dans la maison. Depuis 1970, le site est classé monument historique.

Remplie de souvenirs, notamment de ses voyages, cette maison émeut par son charme et sa simplicité. La maison est restée dans l’état exact où elle se trouvait à la mort du « Tigre ». Elle a reçu le label « Maison des illustres ».